L’Iran, récit d’une révolution – documentaire

Qui ne s’est pas trompé sur la nature de la révolution islamique et sur la personnalité de l’imam Khomeiny? Pas la CIA, qui n’a rien vu venir. Pas le shah, qui s’inquiétait avant tout de la subversion communiste dans son pays. Pas les intellectuels laïques iraniens, aveuglés par leur haine du souverain. Pas non plus leurs collègues occidentaux en panne d’utopie, qui voulurent croire que l’islam pouvait accoucher l’homme nouveau; parmi eux, Michel Foucault, qui saluait dans cette révolution «l’esprit d’un monde sans esprit». Enfin, pas la majorité des journalistes, qui, pourtant, suivit l’irruption de l’un des plus formidables tremblements de terre politiques de la seconde moitié du XXe siècle et qui crut, elle aussi, que la liberté se cachait sous les tchadors.

Tout au long du film, Marc Kravetz, qui fut envoyé spécial de Libération en Iran à cette époque, raconte à travers son expérience personnelle comment s’organisa le chute du shah et la victoire de la révolution islamique, dont Téhéran célébrera en février le 20e anniversaire. Une tâche difficile. Dans l’avènement du rêve khomeinyste, il y a une part d’irrationnel et de pensée magique qui se mêle évidemment à des critères objectifs. Le peuple iranien, qui attend depuis des siècles le retour du XIIe imam du chiisme, l’«imam caché», a pu ainsi s’imaginer que Khomeiny était celui-ci. Dès lors, du haut des toits de Téhéran, où ils accablaient la garde impériale de slogans de haine à l’égard du shah, certains émeutiers croyaient voir dans le croissant de lune qui les surplombait les traits du puissant chef religieux.

Au bout du compte, pourquoi tant de méprises et de fausses analyses sur la révolution islamique? Marc Kravetz répond humblement: «Nous ne pouvions pas comprendre.» Et puis: «Nous n’avions pas envie d’entendre» les sirènes qui, déjà, avertissaient: attention, chaos.

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